BULLETIN ECONOMIQUE
FEvrier 2005

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Situation Générale
Budget
Investissements étrangers
Principaux risques pour les investissements
Conclusions

 

Situation Générale

Le Produit intérieur brut (PIB) de la Pologne a progressé en 2004 de 5,4%
en glissement annuel, contre une hausse de 3,8% en 2003, selon les estimations du Bureau National des Statistiques, GUS. Ce chiffre est inférieur aux prévisions du ministère de l'Economie du début de janvier, qui tablaient sur une croissance de 5,7%.

Dans son budget pour 2005, le gouvernement polonais table sur une hausse du PIB de 5%.

La production industrielle en Pologne a augmenté de 6,4% en décembre 2004
par rapport à décembre 2003, après une hausse de 11,4% en novembre, selon le communique du Bureau National des Statistiques. Ce chiffre est bien inférieur aux prévisions des analystes qui tablaient en moyenne sur une hausse de 12,6% en glissement annuel.

Sur un mois, la production industrielle en décembre dernier a baissé de 2,7%, comparée à novembre.

  • Les industries d'extraction ont progressé en décembre (2004) de 4,4% sur un an et baissé de 4% sur un mois par rapport a novembre 2004,
  • Les industries de transformation ont simultanément augmenté de 6,8% sur un an
    et baissé de 4,2% sur un mois (décembre).

Les prix à la consommation en Pologne ont augmenté de 0,1% en décembre 2004 par rapport à novembre et affichent une hausse de 4,4% par rapport à décembre 2003, selon le GUS.

  • Les prix des produits agroalimentaireset des boissons non alcoolisées ont augmenté
    de 7,8% en décembre par rapport au même mois de 2003, et de 0,6% en rythme mensuel.
  • Les prix des carburants ont augmenté de 17% en un an mais n'ont pas bougé par rapport
    à novembre dernier.

L'inflation : en 2003, la Pologne avait connu une inflation annuelle de 1,7%. L'inflation est repartie en pointe tout juste après l'adhésion de la Pologne à l'Union Européenne le 1er mai 2004, pour atteindre le niveau de 4,5% en novembre sur un an.

Budget

Le Conseil de politique monétaire de la Banque Centrale de Pologne (NBP) a laissé ses taux directeurs inchangés pour un cinquième mois consécutif.

Le taux d'escompte reste à 7%, le taux lombard à 8% et le taux minimal d'intervention bancaire à 6,5% sur un an.

La loi de finances pour 2005 table sur un déficit de 35 milliards de zlotys (8,57 MM Euros) soit 3,7% du PIB.

La loi, qui avait été approuvée par la Chambre des Députés (Diète) et le Sénat, est aussi signée par le président Aleksander Kwaśniewski.

Le budget 2005 table sur des recettes de 174,7 milliards de zlotys ( 42,78 MM Euros) et des dépenses de 209,7 MM de zlotys ( 51,36 MM Euros).

  • Le déficit budgétaireen 2004 atteint comme prévu 45,5 milliards de Zlotys ( 11,14 MM Euros), mais il pourrait être en réalité inférieur à ce chiffre de 2 à 5 milliards de Zlotys, selon
    les analystes.
  • Le budget pour 2005table sur une hausse de 5% du PIB, autant que prévu en 2004,
    et sur une inflation annuelle de 3%contre 2,5% prévus dans la loi de finances 2004.
Selon les statistiques officielles, le PIB polonais a progressé de 6,9% au premier trimestre, de 6,1% au deuxième trimestre et de 4,8% au troisième trimestre de 2004.
  • La dette publiquedevrait s'élever à la fin de l'année prochaine à 56,6% du PIB, contre 53,5% prévus cette année.
  • Les privatisations doivent rapporter en 2005 dans les caisses de l'Etat la somme nette de 4,5 milliards de Zlotys ( 1,1 MM Euros).
  • La loi table sur untaux de chômage de 18,2% de la population active à la fin de 2005, contre 18,7% actuellement. 
Investissements étrangers

Les investissements étrangers directs en Pologne se sont chiffrés en 2004 à 7 milliards de USD contre 6,42 MM USD en 2003, selon un calcul du quotidien Rzeczpospolita publié mardi.

"Ce sont des données très vraisemblables", s'est borné à déclarer le président de l'agence gouvernementale chargée des investissements étrangers PAIZ SA, M. Andrzej Zdebski.

"Nous avons une méthode de calcul similaire: nous comptabilisons tous les investissements lancés ou déclarés dans l'année de référence", a-t-il ajouté, en précisant que son agence allait publier ses chiffres détaillés pour 2004 "fin février ou début mars".

Parmi les principaux investisseurs l'an dernier, le quotidien Rzeczpospolita a cité:

  • le groupe hongrois TriGranit qui engage 780 M USD dans un centre commercial à Katowice (Sud de la Pologne);
  • le groupe suédois IKEA ( 465 M USD) qui développe ses sites de production et sa chaîne de magasins en Pologne;
  • Le groupe français Alsthom qui a signé un contrat de 830 millions d'euros avec la centrale polonaise de Belchatow (Centre de la Pologne) pour la construction de la tranche énergétique la plus puissante du pays. La nouvelle tranche aura une capacité de 833 MW.

En vertu du contrat, signé par le président d'Alsthom Patrick Kron, entre 2.000 et 3.000 personnes travailleront sur ce chantier, selon le groupe français.

"Les travaux devraient commencer une fois que le financement du projet aura été bouclé, soit au plus tôt au 3ème trimestre de l'année prochaine, pour être achevés en 2009", a indiqué à l'AFP le porte-parole d'Alsthom Pologne, Marek Szelewicki.

A Paris, le groupe s'est félicité de l'obtention de ce contrat, un des plus importants décrochés cette année. Un porte-parole a précisé que 11 millions d'Euros de financement avaient déjà été trouvés pour les études de faisabilité, qui débuteront immédiatement.

La centrale de Belchatow, qui marche au lignite, fournit quelque 30% de l'énergie électrique consommée par la Pologne. La mine de lignite appartenant au même groupe exploite 75% de cette matière extraite en Pologne. D'une capacité de 4.440 MW actuellement, la centrale de Belchatow emploie près de 5.000 salariés.

La nouvelle tranche aura la capacité énergétique la plus grande en Pologne, selon Alsthom. Il s'agit d'un des plus gros contrats décrochés cette année par Alsthom, sauvé de la faillite au printemps dernier grâce à un plan de redressement âprement négocié entre Paris et la Commission européenne.

Principaux risques pour les investissements

  • Le problème majeur pour la Pologne est, outre le chômage dont le taux dépasse toujours le niveau de 18%, le cours de Zloty qui se renforce contre l’Euro (3,96 au début de février) et peut affaiblir l’expansion de l’exportation vers l’Union Européenne (70% d’échanges extérieures de la Pologne) et, par conséquence, réduire la croissance économique.
  • L’autre danger que va courir la Pologne sera les élections parlementaires et présidentielles, qui auront lieu en automne de 2005 et qui pourraient provoquer une vague de revendications économiques et sociales et une autres - celle de promesses. Une des victimes probable sera certainement la politique de la privatisation, surtout dans le secteur énergétique, dont la majorité est toujours détenue par l’Etat.

Conclusions

En 2003 l’impôt sur le revenue avait été abaissé à 19% (de 28%). En 2004 le Parlement a voté la loi sur la liberté économique, qui facilite les affaires, réduit considérablement les barrières bureaucratiques et force les administrations à aider les entreprises. La situation dans le domaine
des affaires s’était donc améliorée, mais un certain populisme et le radicalisme de plusieurs milieux politiques peuvent mettre en cause ces circonstances, surtout dans le cadre des prochaines élections.

La position concurrentielle de la Pologne par rapport aux nouveaux membres de l’UE peut donc être affaiblie.

Par contre, le gouvernement de Marek Belka est optimiste quant aux perspectives économiques
du pays. Les fondements du développement et de la croissance de l’économie nationale sont solides et toutes les analyses des économistes indépendants le prouvent.

De notre correspondant à Varsovie Piotr R achtan - Février 2005